8.14 Taux des années potentielles de vie perdues selon la cause
Rapport, pour une période donnée, de la somme des années de vie perdues avant 75 ans, à la population moyenne âgée de moins de 75 ans.
Les années potentielles de vie perdues (APVP) se rapportent aux décès survenus chez les personnes âgées de moins de 75 ans et correspondent à la différence entre un seuil établi à 75 ans et l’âge au décès. La méthode la plus simple pour calculer les APVP consiste à multiplier, pour chaque groupe d’âge (< 1, 1-4, 5-9...70-74), le nombre de décès par la différence entre 75 ans et l’âge médian dans chaque groupe d’âge. Les APVP correspondent à la somme des produits obtenus pour chaque groupe d’âge. Le taux des APVP est obtenu en divisant les APVP par l’effectif de la population âgée de moins de 75 ans (Statistique Canada et ICIS, 2005; National Center for Health Statistics, 1999).
La limite d’âge supérieure établie pour le calcul des APVP est de 75 ans et correspond approximativement à l’espérance de vie à la naissance, sexes réunis, du Québec en 1980. Cette limite ne s’apparente donc plus à l’espérance de vie actuelle et tend à sous-estimer la mortalité prématurée. Certains chercheurs proposent comme amélioration, de remplacer le seuil fixe de 75 ans, par l’espérance de vie à chaque âge et selon le sexe, de la population à l’étude ou d’une population standard de référence. Ainsi, même les décès survenant à un âge avancé contribueraient au calcul des années de vie perdues (Murray et al., 2002).
Les APVP ainsi que les autres indicateurs apparentés, lorsqu’ils sont utilisés comme mesure de fardeau de la mortalité prématurée, estiment l’écart entre le niveau de mortalité d’une population donnée et une norme de référence (Murray et al., 2002).
La cause disponible dans les statistiques est la cause initiale du décès. Cette cause est la maladie ou le traumatisme qui a déclenché l’évolution morbide conduisant directement au décès ou les circonstances de l’accident ou de la violence qui ont entraîné le traumatisme mortel. Au Québec et au Canada, les causes de décès sont classifiées selon la CIM-9 pour les années 1979 à 1999, et selon la CIM-10 depuis 2000. Les causes de mortalité retenues1 sont :
ensemble des tumeurs malignes : CIM-9 = 140-208; CIM-10 = C00-C97;
maladies de l’appareil circulatoire : CIM-9 = 390-459; CIM-10 = I00-I99;
maladies de l’appareil respiratoire : CIM-9 = 460-519; CIM-10 = J00-J99;
maladies de l’appareil digestif : CIM-9 = 520-579; CIM-10 = K00-K93;
traumatismes non intentionnels : CIM-9 = E800-E869 et E880-E929; CIM-10 = V01-X59 et Y85-Y86.
L’adoption de la CIM-10 à partir de l’année 2000 peut entraîner une brisure dans l’analyse temporelle de plusieurs causes de décès (OCDE, 2005). Les révisions 9 et 10 de la CIM sont très différentes. Dans la 10e révision, de nouvelles catégories ont été ajoutées, d’autres ont été modifiées ou regroupées, et certaines règles d’identification de la cause initiale de décès ont changé (Statistique Canada, 2005; NCHS, 2000). En conséquence, ces différences entre les deux révisions sont assez importantes pour rendre difficiles les comparaisons directes des causes de décès (CDC, 2005). Les variations dans les taux de mortalité selon une cause entre les périodes précédant et suivant l’année 2000 ne sont donc pas présentées.
L’identification d’une cause initiale sur l’acte de décès est quelquefois imprécise, particulièrement aux âges avancés. Certaines causes, comme le cancer, ont plus de probabilités d’être identifiées comme la cause initiale que d’autres (diabète). Le fait de ne retenir qu’une seule cause par décès peut jouer sur l’importance des différentes causes de décès. Certaines études utilisent une classification des décès en causes multiples (Wilkins et al., 1997; Nam, 1990). Au Québec, l’analyse des causes multiples de décès peut être faite à partir des décès de l’année 2000. Les causes de décès retenues sont celles que l’on retrouve en général dans les documents internationaux (OCDE, OMS, OMS-Europe).
Méthode de calcul

Voir l’annexe 11 pour la méthode de calcul du taux des années potentielles de vie perdues
Sources
Numérateur: Fichier des décès, version octobre 2005, MSSS.
Dénominateur: Service du développement de l’information, version février 2005, MSSS.
Tableaux et graphiques







Notes
1 2 3 4 (-)(+) * **n.p. |
Pour la période 2000-2003, ces cinq causes représentent 71 % de l’ensemble des années potentielles de vies perdues. Taux ajusté selon la structure par âge, sexes réunis, de la population corrigée de l’ensemble du Québec en 2001. L’adoption de la CIM-10 à partir de l’année 2000 entraîne une brisure dans l’analyse temporelle de plusieurs causes de décès. Nombre annuel moyen d’années potentielles de vies perdues. Valeur significativement plus faible ou plus élevée que celle du reste du Québec, au seuil de 0,01. Coefficient de variation supérieur à 16,66 % et inférieur ou égal à 33,33 %. La valeur doit être interprétée avec prudence. Coefficient de variation supérieur à 33,33 %. La valeur n’est pas présentée. |
| Source Eco-Santé Québec 2011 | Dernière révision de cette page : 02/03/2007 |